Rivherside
L'émission "blues" de radio RDL Colmar animée par Jean-Luc et David BAERST

Nda : Musicien issu du blues, Renaud Villet a fermement décidé de bousculer (pour ne pas dire briser) les frontières de cette musique. Il le prouve, avec beaucoup de mérite, depuis plus de trois ans sous le nom de Rivherside. Un concept élastique puisque, après une entame de carrière en one-man band, il a décidé de s’entourer d’artistes venus du hip-hop et de l’electro. De premiers essais concluants peuvent nous laisser penser que ce nouveau projet a encore de nombreuses surprises à nous révéler. Si le facteur chance s’en mêle il y a, en tout cas, fort à parier que nous n’avons pas fini d’entendre parler de lui. Alors, coup d’épée dans l’eau ou coup de génie ? A vous de vous forger votre opinion…

Renaud, tu es originaire de Clermont-Ferrand. Peux-tu évoquer la scène musicale de cette ville et me préciser la place que les musiques roots américaines s’y sont octroyée ?66
Il y a une très grosse scène musicale à Clermont. Le blues n’y est pas prédominant… D’ailleurs, pendant 4 ans j’ai organisé des jam sessions orientées autour de cette musique. C’était un rendez-vous mensuel qui se déroulait dans un endroit nommé Le Puy De La Lune. J’y ai donc côtoyé des musiciens spécialisés dans le genre.La musique, en général, vit de belles heures de cette ville comme le témoigne la présence de La Coopérative de Mai qui est une salle qui existe depuis une quinzaine d’années et qui a mis le pied à l’étrier à de nombreux artistes.

Quel est ton plus ancien souvenir lié à la musique ?
Mon père joue du piano donc j’imagine que je l’écoutais lorsque j’étais petit…

Te souviens-tu des premiers artistes qui t’ont marqué ?
Sans hésiter, je te réponds que le groupe qui m’a donné l’envie de faire de la musique est Guns N’Roses. Cela remonte déjà à un petit moment (rires) ! C’est en écoutant cette formation que je me suis découvert une âme de guitariste.

Il t’arrive, sur scène, d’aborder un répertoire de reprises constitué de morceaux d’anciens bluesmen (Muddy Waters, R.L. Burnside…). Comment as-tu découvert ces derniers ?
Cet apprentissage s’est fait petit à petit. Je suis venu au blues par les Rolling Stones et, par leur intermédiaire, j’ai « remonté le chemin » et me suis mis à écouter des artistes tels que Muddy Waters. A mes débuts je jouais un blues électrique assez classique (Chicago blues) avec pas mal de solos de guitare. Il y a quelques années je me suis lancé dans un blues un peu plus roots (John Lee Hooker, R.L. Burnside…). Il s’agit, d’ailleurs, du dernier type de blues que j’ai écouté…

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de te lancer, à ton tour, dans une carrière de musicien ?
Je ne sais plus vraiment… Cela fait maintenant une vingtaine d’années que je donne des concerts et je pense que le déclic est venu de fil en aiguille. J’ai été guitariste au sein de plusieurs formations avant de me mettre à chanter. J’ai donc fait pas mal de choses différentes avant de me lancer seul, ce qui n’est pas une chose évidente…

Tes goûts sont éclectiques. A ce titre, te sens-tu proche d’une scène en particulier ou te considères-tu plutôt comme un « marginal » dans le monde de la musique ?
Il est vrai que je dois être assez « marginal ». Actuellement, j’essaye de mélanger l’electro et le hip-hop (c’est-à-dire ce que j’écoute aujourd’hui) avec le blues. Si je ne suis pas le seul à le faire, nous ne sommes pas si nombreux que cela à nous être lancés dans cette aventure. En termes de programmation j’ai un peu le « cul entre deux chaises » car, si je figure toujours à l’affiche de festivals de blues, j’aimerais surtout intégrer les scènes de musiques actuelles. Ces dernières se rapprochent davantage de ce que je fais actuellement. Depuis environ un an, je suis en période de transition…

Comment le concept Rivherside a-t-il vu le jour ?
Il remonte à la période durant laquelle j’ai décidé de jouer tout seul. Je me cherchais un nom de scène et me suis dit que le choix mon véritable patronyme ne serait pas une très bonne idée. J’ai trouvé que Rivherside sonnait bien. D’autant plus que c’était juste après un voyage aux USA où j’ai eu la chance de me rendre à Clarksdale et, en particulier, au Riverside Hotel (connu pour avoir abrité Sonny Boy Williamson II, Robert Nighthawk ou encore Ike Turner, nda). J’ai simplement ajouté un « H » afin de me différencier et de l’orthographier différemment. A ce jour, cela fait trois ans que j’ai adopté ce nom…

Justement, pourquoi ce « H », quelle en est la signification ?
Dans un premier temps, c’était pour me différencier. Si tu tapes Riverside sur un moteur de recherches, tu vas tomber sur plein de choses différentes. De plus, le H est une lettre importante à mes yeux. Dans le nom Rivherside, il y a déjà un R et un V qui sont mes véritables initiales alors que le H est l’initiale des prénoms de ma deuxième fille et de mon épouse…

Ce concept de Rivherside semble assez évolutif. Quelles sont les différentes formules qui l’ont constitué à ce jour, voire celles à venir ?
Il y a trois ans, j’ai commencé par du blues très roots (à la R.L. Burnside) assez inspiré par celui que j’écoutais à l’époque. C’est une musique idéale pour jouer tout seul… Cette période a duré deux ans et s’est vue ponctuée par la sortie de l’album « Something On My Mind ». Puis j’ai commencé à tendre mes oreilles du côté de l’electro et du hip-hop. Je n’écoute plus que cela aujourd’hui. Je ne peux pas te dire pourquoi, c’est ce que j’aime actuellement…tout simplement. J’ai commencé à tout mélanger l’an dernier en sortant l’E.P « Electraw Blues ». Plus ça va, plus je pense que ma musique ne sera plus que de l’electro et du hip-hop. Je collabore souvent avec le rappeur TDB et tout fonctionne bien entre nous. De ce fait, je pense que nous allons former un groupe avec une troisième personne qui sera aux machines.

As-tu trouvé des similitudes entre le blues et le rap ?
Bien sûr, d’autant plus que ces deux genres possèdent les mêmes racines. J’aime bien le côté hypnotique qu’on y retrouve, cette rythmique répétitive… C’est ce que j’aime !Puis il s’agit toujours de musiques noires américaines, même si elles ont 50 ans d’écart. Ce n’est pas parce qu’on aime le blues qu’on aime le rap, ou inversement, mais moi j’aime les deux !

Dans le passé, certains groupes précurseurs en la matière, ont été intégrés à la scène new blues. A titre personnel, comment qualifierais-tu ce registre ?
Je ne sais pas, car il y a plein de façons de le faire… Même R.L. Burnside a mélangé du blues au hip-hop. J’avais trouvé le terme electraw blues… Aujourd’hui, ce que je fais est constitué de 30% de blues, de 30% de hip-hop et de 40% d’electro. Je ne sais pas comment appeler cela…

Le fait de mélanger les styles doit t’aider à te forger ta propre identité. Cela doit aussi te permettre de sortir des clichés et d’évoquer les vrais sujets qui t’intéressent…
Oui, d’ailleurs c’était le but. Avec la première version de Rivherside, j’avais l’impression d’un peu tourner en rond et d’être noyé dans la massedes nombreux one man bands ou duos. Ces derniers, par ailleurs, savent bien exprimer ce blues un peu sauvage. J’avais envie de réaliser autre chose et de faire ce qui me plait le plus aujourd’hui. Le fait de me mettre à l’electro n’était pas une chose évidente. Trouver un bon équilibre en tout mélangeant n’est pas plus aisé, mais c’est un objectif qui me motive beaucoup.

Au sein de tes propres compositions, restes-tu malgré tout fidèle aux thèmes chers au blues ?
Mes thèmes de chansons peuvent être très variables. Ils ne viennent jamais en premier… Dans le morceau « Haters » je traite de l’actualité. C’est une exception qui demeure importante à mes yeux. Ceci parce que ce titre évoque la tolérance ainsi que la haine que peuvent ressentir certaines personnes vis-à-vis de ceux qui sont différents. Mes textes viennent dans un second temps et sans recettes particulières. Je n’ai pas de sujets de prédilection…

As-tu déjà une idée de la manière dont ce nouveau concept va se matérialiser ?
J’ai pas mal de titres qui sont en voie de finalisation. J’aimerais trouver un label afin de les matérialiser sous la forme d’un CD. Puis j’ai ce projet de groupe avec TDB et une troisième personne. Ainsi, je serai plus efficace dans le registre electro…je veux que ça « tabasse » un peu plus !

Quels sont, concernant cette nouvelle face de Rivherside, les espoirs que tu portes en l’avenir ?
Je ne sais pas de trop… Je pense que ce que j’envisage de concrétiser est davantage « grand public ». Pour avoir donné de nombreux concerts dans un registre blues, je sais que l’audience y est majoritairement issue de la génération de mes parents. Je n’ai rien contre mais c’est un peu dommage. Je viens de jouer devant des enfants et c’était une très belle expérience… J’ai vraiment la volonté de changer et de ne pas toujours refaire la même chose… J’aime cela, essayer plein de choses !

Souhaites-tu ajouter une conclusion à cet entretien ?
Dans un premier temps, j’aimerais te remercier et préciser que j’ai mis un nouveau titre en écoute sur mon Soundcloud et sur ma page Facebook. Il est vraiment représentatif du style vers lequel je m’oriente actuellement. On y trouve du hip-hop et de l’electro…et j’en suis très content !

Remerciements : David Isaac (Borderline Blues Agency)

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Interview réalisée au
Cognac Blues Passions
le 2 juillet 2015

Propos recueillis par
David BAERST

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