Steve Cropper
L'émission "blues" de radio RDL Colmar animée par Jean-Luc et David BAERST

Steve, peux-tu me parler de ton éducation musicale ?
J'ai toujours ressenti l'envie et le besoin de faire de la musique. J'ai commencé à l'âge de 14 ans, c'est à cet âge que j'ai aussi commencé à écrire des chansons.
J'ai enregistré mon premier morceau quand j'avais 15 ans et reçu mon premier chèque de royalties à l'âge de 16 ans.
Je savais à ce moment là que c'était ce que j'allais faire le restant de ma vie.

Par la suite j'ai joué avec le groupe du Lycée quand j'avais 17 ans. Nous jouions lors de soirées privées dans des garages privés en Indiana (il s'agissait des Royal Spades qui allaient devenir les célèbres Mar-Keys, Nda).
Nous faisions de la musique pour faire danser les gens, ainsi nous reprenions James Brown, Ray Charles, Hank Ballard & the Midnighters, Jackie Wilson etc….
C'était formidable, dire que j'étais juste un " kid " du Lycée.

Puis nous nous sommes produit du côté de Memphis Tennessee où nous avons écumé différents clubs (Steve est également devenu alors sessionman pour les labels SUN Records et HI Records, Nda).
Par la suite la mère du saxophoniste du groupe (c'est à dire Estelle Axton, la mère de Charles " Packy ", Nda) a décidé d'ouvrir un studio.
Nous y avons enregistré avec des musiciens locaux sous le nom des Mar-Keys le morceau " Last Night " qui allait devenir numéro 3 du hit-parade aux USA en 1961 (titre également très connu en France car utilisé à cette même période comme générique de l'émission de radio " Salut les Copains ! " sur Europe n°1, Nda).

J'ai quitté le Lycée et j'ai commencé à travailler dans un autre studio avec Booker T Jones (voir son interview sur ce même site, Nda) que je connaissais depuis l'âge de 16 ans.
Nous avons enregistré ensemble le titre " Green Onions " qui est devenu numéro 1 en 1962.
Depuis je consacre ma vie à la musique et j'en suis très heureux.

Qu'est ce que cela vous fait d'être encore réunis ici sur scène à Montreux après tant d'années ?
Le concert de ce soir à Montreux est un moment très spécial.
J'y ai joué à de nombreuses reprises avec différents groupes, la première fois en 1988 avec le Blues Brothers Band du film.

J'y ai aussi joué accompagné par Donald " Duck " Dunn à la basse aux côtés de Booker T et de Rufus Thomas. Nous avions ouvert le show avec " Green Onions ", c'était il y a 17 ans.
C'est toujours un moment très intense de venir ici et j'espère m'y reproduire l'année prochaine pour célébrer les 40 ans du Festival.
J'espère y être !

Es-tu conscient d'être à la base du mouvement musical qui était nouveau à l'époque ?
Non, je suis juste un musicien et je ne me considère pas comme un précurseur.
Je pense que j'étais au bon endroit au bon moment.

J'ai eu la chance de rencontrer Al Jackson (batteur légendaire, membre des MG's assassiné en 1975 chez lui par un cambrioleur, Nda), Booker T, Donald " Duck " Dunn ainsi que tous les formidables musiciens de chez STAX.

Quelle est ta définition du son STAX ?
Je n'ai pas vraiment de définition, je crois juste que c'est une musique formidable qui a survécue à toutes ces années.
De la même façon la musique de la Nouvelle Orléans est formidable, ainsi que la musique de la TAMLA MOWTOWN.

La musique de STAX a bénéficié du fait qu'il y avait de nombreux musiciens à Memphis, comme auparavant SUN Records avait bénéficié des arrivées d'Elvis Presley, de Johnny Cash, de Carl Perkins et de tant d'autres….
La musique Stax a sa propre personnalité et au fil des années elle a permis à d'autres genres musicaux de naître, comme le disco, le rap etc….
Je suis très fier d'avoir contribué à cela et très fier d'avoir vécu cette expérience.

Tu as travaillé avec les plus grands noms de la soul : Otis Redding, Sam & Dave, Eddie Floyd, Wilson Pickett etc…
Aujourd'hui tu fais bénéficier de ton expérience à des artistes plus jeunes, comme par exemple Shemekia Copeland dont tu as produis le nouvel album. Comment abordes-tu cet écart de génération et que pense tu leur apporter ?

Oui ! Je viens de terminer un formidable album avec Shemekia Copeland qui sortira le 16 juillet 2005.
C'est un très bon disque avec une artiste merveilleuse qui est âgé de 25 ans et qui chante formidablement.
L'ambiance était excellente au studio. C'était vraiment pour moi une expérience très positive. Je crois que c'est son quatrième album. Elle travaille beaucoup et ce CD va permettre au restant de la planète de savoir qui est Shemekia Copeland.

J'ai une grande expérience. Il est vrai que j'ai aussi joué longtemps de la guitare pour Eddie Floyd. Je lui ai écris plusieurs succès comme " 634-5789 ", " Knock on wood " (sans parler des tubes pour Otis Redding et tous les autres, Nda) etc….
Le fait de pouvoir en faire bénéficier de jeunes artistes et un plaisir (à titre d'information, Steve Cropper a aussi produit dans le passé des enregistrements pour Rod Stewart, Jeff Beck, Tower of Power etc…, Nda).

Si tu avais un mot pour définir ton parcours, lequel serait-il ?
(Après un long moment de réflexion)…Exceptionnel !

Une dernière question, as tu des nouvelle de Matt " Guitar " Murphy (autre guitariste du Blues Brothers Band très malade depuis quelques années, Nda) ?
Rien de concret, je sais qu'il y a de bons jours et de mauvais jours. Il n'y a plus de communication entre lui et le Blues Brothers Band. Je crois qu'il a la chance d'avoir sa famille qui le soutient beaucoup.
C'est quelqu'un que nous aimons profondément et nous espérons qu'il pourra revenir un jour reprendre sa place dans le groupe.
Mais à ce jour il n'est malheureusement pas possible qu'il revienne jouer.


 
Interviews:
Les photos
Les vidéos
Les reportages
 

Les liens :

playitsteve.com
soulvilleusa.com

Interview réalisée au Montreux Jazz Festival le 2 juillet 2005

Propos recueillis par David BAERST
En exclusivité !

 

Le
Blog
de
David
BAERST
radio RDL