The Hook
L'émission "blues" de radio RDL Colmar animée par Jean-Luc et David BAERST

Nda : Les membres du groupe The Hook jouent la musique qu’ils ressentent. S’ils considèrent leur registre comme étant du « blues moderne », ils revendiquent une manière de travailler « à l’ancienne ». Ainsi, leur nouveau disque (« Too Much Blood », Mediapop Records) a été, intégralement enregistré sur bandes. Le tout, dans une ambiance inspirée par celle propre aux juke-joints du sud profond.
Une marque de fabrique qui atteste l’authenticité de ces jeunes gens résolument rock’n’roll (à la ville comme à la scène).
Hugo (guitare) et Joe (chant-harmonica) ont, une fois de plus, fait preuve de cet état d’esprit lors de leur passage dans l’émission Route 66. A cette occasion ils ont, également, répondu aux quelques questions qui suivent…

A quand remonte votre collaboration ?
Joe : Ma rencontre avec Hugo remonte à nos années Lycée. Nous avons commencé à faire de la musique ensemble, avant d’être rejoints par plusieurs personnes. Au fil du temps, il nous est arrivé de nous séparer mais nous sommes de retour, aujourd’hui, avec une nouvelle formule de The Hook.66

Avez-vous été membres de groupes avant de commencer à jouer ensemble ?
Hugo : Pour ma part, c’est avec Joe que j’ai commencé.
Joe : J’ai commencé la musique, à l’âge de 7 ans, par le saxophone. Puis, j’ai appris les rudiments del’harmonica avant de jouer dans des formations de musiques cajuns et irlandaises.
Hugo : J’ai toujours « baigné » dans un univers musical car mon père est musicien. Il y avait toujours un disque des Beatles ou des Stones qui trainait à la maison. Cependant, il ne m’a jamais forcé à écouter quoique ce soit. Un jour, le déclic a eu lieu. De ce fait, il m’a mis une guitare entre les mains. C’est à cette période que j’ai rencontré Joe, tout s’est donc passé très rapidement…

Si vous êtes membres d’un groupe représentatif de la scène actuelle, le fait de vous voir et de vous écouter suffit pour constater que vos influences sont très larges. Ces dernières lorgnent, résolument, vers le rock des années 1960/70. D’où vous vient cette passion ?
Joe : Cela a commencé, en ce qui me concerne, par l’intermédiaire de mon frère. Il m’a fait découvrir des groupes de ces années et, notamment, The Doors. Grâce à lui, je me suis mis à écouter des vinyles que nous diffusions en boucle. Nous en avons recherchés un bon nombre sur les marchés aux puces…

Joe, à l’instar de Mick Jagger (The Rolling Stones) ou de David Johansen (The New York Dolls) tu es chanteur-harmoniciste. Est-ce des artistes qui t’ont poussé à mêler ces deux qualités musicales ?
Joe : Oui, j’apprécie ce style de chant…un peu criard. J’ai toujours aimé gueuler (rires), cela me permet de me lâcher…le fait de gueuler est vraiment cool ! Ce sont des personnes, telles que celles que tu as citées, qui m’ont poussé à chanter.

The Hook est un nom qui fait penser à la manière dont on surnommait John Lee Hooker, « le Hook ». D’ailleurs, on sent que le blues est une composante importante de votre musique. Quel a été l’apport de ce registre sur ce que vous faites actuellement ?
Hugo : C’est en découvrant ces groupes des sixties et des seventies que nous avons compris qu’ils s’appuyaient sur une base solide, à savoir le blues…
Joe : J’ai toujours été passionné par le blues, d’autant plus que j’ai commencé la pratique de l’harmonica assez tôt. Cette musique m’a toujours fait vibrer, elle est la base du rock’n’roll !
Hugo : Je n’écoutais pas de musique jusqu’à mes 16 ans. C’est un soir, à table, que mon père m’a fait découvrir un morceau de l’album « Dark Side Of The Moon » des Pink Floyd. Cela a constitué un vrai choc, un déclic… Mon père m’a dit que c’était un truc pour planer, ce que j’ai trouvé cool car je planais déjà pas mal (rires). Cette découverte, en mangeant des raviolis, c’était quelque chose (rires) ! Je me suis donc mis à écouter Pink Floyd, The Doors, The Rolling Stones et en suis, naturellement, arrivé au blues. J’ai alors découvert B.B. King, Freddie King, Albert King, Robert Johnson et tous les autres. Je suis remonté à la source et cela m’a fait comprendre beaucoup de choses ! Le blues est devenu une véritable passion et The Hook, sans le blues, n’existerait pas. C’est une base essentielle pour nous ! Avec Joe, nous nous sommes rencontrés devant notre Lycée. C’est une passion commune des Doors qui nous a permis de nous réunir. Nous avons écouté tous leurs disques et nous les avons repris à l’oreille. C’est de cette manière que nous avons appris à nous connaitre musicalement parlant.
Joe : Lorsque Hugo a commencé la guitare, je me suis mis au synthé et nous reprenions tous les morceaux des Doors à la note près.
Hugo : Oui, nous faisions même les erreurs des Doors… celles que l’ont peut trouver dans certains enregistrements publics.
Joe : Nous étions un peu fous mais nous avons reconnu l’apport du blues dans leur musique. Le blues demeure un leitmotiv pour The Hook, c’est notre truc !

Vous avez « digéré » toutes vos influences afin de créer un son qui n’appartient qu’à vous. Une manière de procéder propre à un autre groupe cher à vos yeux, The Jim Jones Revue (actif de 2007 à 2014)…
Joe : Exactement ! A l’instar de James Leg, ce groupe joue un blues moderne tel que nous l’aimons. On sent qu’ils ont les mêmes influences que nous mais, eux aussi, le font à leur façon. 66

De ce fait, comment définissez-vous votre identité musicale ?
Joe : Je dirais que c’est plutôt du rock’n’roll… Le terme rock est tellement vague…

Le rock’n’roll c’est une musique, mais c’est aussi des textes. Y-a-t-il des auteurs qui vous touchent plus particulièrement que d’autres ?
Joe : Oui, il y en a… Forcément, nous considérons Jim Morrison comme un très grand auteur. Dans ce domaine, nous admirons aussi David Bowie ou le tandem Lennon-McCartney. C’est aussi pour cela que nous aimons le rock’n’roll, pas que pour la musique. Nous prenons en considération tout ce qu’il y a derrière.
Hugo : Nous sommes aussi sensibles aux thèmes évoqués par le blues, en particulier par le pre-war blues qui évoquait à merveille le quotidien de tous ces artistes.

Le 22 février 2018 sort votre EP, « Too Much Blood ». Pouvez-vous me le présenter, de quelle manière a-t-il été conçu ?
Hugo : Sa gestation a duré 2 ans, car deux morceaux ont été enregistrés en 2016. En 2017, nous avons enregistré quatre nouveaux titres dont trois ont été rodés lors de concerts. Le dernier a été écrit par Joe et par notre bassiste, Dylan, la veille de son enregistrement. Il s’agit du titre le plus blues du disque, celui qui nous manquait pour que tout notre spectre musical soit représenté.
Joe : Nous nous étions enfermés dans une cuisine, en nous disant que nous n’en sortirions pas avant que le titre soit finalisé.
Hugo : La captation en elle-même a été faite en live chez Rémy Gettliffe, dans le studio White Bat. Les prises ont été réalisées en 2 jours et nous jouions tous ensemble. Seuls quelques overdubs de guitare et de voix ont été ajoutés par la suite. C’est assez paradoxal, le disque a mis 2 ans pour sortir alors que nous n’avons passé que 2 ou 3 jours en studio (rires) !
Joe : Nous sommes assez pointilleux en ce qui concerne le son que nous voulons obtenir. La particularité de cet EP est qu’il a été enregistré analogiquement. C’est du travail à l’ancienne, sur bandes. Il n’y a aucun artifice, nous voulions faire du rock’n’roll pur et typé.

Votre label, Mediapop, est très actif. Pourquoi avoir choisi celui-ci en particulier ?
Joe : Parce que ce label a été fondé par un ami. Ce dernier soutient de nombreux groupes mulhousiens…

L’habillage du disque est, aussi, assez particulier avec ce combiné téléphonique dégoulinant de sang…
Joe : Oui, on peut s’imaginer ce que l’on veut mais l’image du téléphone est une récurrente chez nous. Ceci parce que j’ai longtemps utilisé un micro de téléphone pour mon harmonica, l’idée est venue de là. En plus, il a une forme de crochet…de « hook ». L’expression « off the hook » veut aussi dire « raccrocher »…
Hugo : On y voit aussi un drapeau américain, une cymbale, un cendrier et notre ancien vinyle cassé en deux…bref, tout ce qui nous représente (rires) !
Joe : Oui, cela montre ce que peut être une « après soirée Hook »…dans « l’extrême du pire » mais sans fille en sang tout de même (rires) !

Ce disque brisé, est-ce pour montrer que le groupe a évolué ?
Joe : Oui, il y a eu une grosse évolution car, à la base, nous étions à cinq. Trois membres sont partis et nous avons été contraints de remodeler notre combo. Aujourd’hui, nous sommes à quatre. C’est donc une manière de dire « exit l’ancien groupe ». Nous voulons proposer quelque chose de nouveau.
Hugo : Oui, c’est une façon de tourner la page de l’ancienne formation…maissans la renier. C’est symbolique !

The Hook c’est un choc sonore mais c’est aussi un choc visuel. Lorsqu’on vous voit sur scène, nous sommes replongés dans une période qui été particulièrement propice à la bonne musique. Travaillez-vous l’aspect scénique ?
Joe : Rien n’est travaillé, nous faisons les choses de la manière dont nous les ressentons. Nous sommes les mêmes à la ville comme à la scène…ce qui nous vaut pas mal de contrôles de Police (rires) !

Vous participez à l’Opération Iceberg, en quoi consiste-t-elle exactement ?
Hugo : C’est un projet qui réunit différentes SMACS de l’est de la France et de Suisse. On y trouve des intervenants artistiques réputés, ainsi que des membres de l’équipe des Eurockéennes. C’est le Noumatrouff de Mulhouse qui nous a mis sur le coup.
Joe : Nous avons eu la chance d’être sélectionnés, ce qui nous fait très plaisir. Nous sommes fiers de participer à ce projet et sommes impatients de voir ce qu’il peut nous apporter. C’est une forme de « coaching artistique ». C’est une chance qui nous est donnée afin de peaufiner notre « truc », de développer certaines idées (qui nous aiderons dans la réalisation de notre prochain album) et de trouver de nouveaux contacts, c’est vraiment cool ! Ce sera une forme de « cadrage » qui ne peut pas faire de mal…même si cela ne nous changera pas. Nous n’allons pas nous mettre à faire de la pop.

« Too Much Blood », malgré toutes ses qualités, semble être qu’une étape intermédiaire avant votre prochain album. Quel objectif vous êtes-vous fixé avec cet EP ?
Joe : Le but est, bien sûr, de nous faire connaitre auprès d’un maximum de gens. On y trouve un panel très varié de morceaux. Nous y présentons ce que nous sommes capables de faire…

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Interview réalisée au
Studio RDL - Colmar
le 10 janvier 2018

Propos recueillis par David BAERST

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